La vie du rongeur

PRÉSENTATION DES RONGEURS

L'origine de la plupart des petites espèces de mammifères de compagnie est parfois très ancienne ; d'autres sont l'objet d’une découverte récente.

Le Cobaye, par exemple, a une longue histoire. Bien avant la conquête des Incas par les Espagnols, les Indiens du Pérou domestiquaient cette espèce dont ils appréciaient la chair. Quand les « Conquistadores » envahirent le Nouveau Monde, le Cobaye se répandit à travers tout l’empire d'Espagne. C’est la sous-espèce du Sud du Chili central, le Cobaye de Tschudi, qui est la forme initiale de notre « cochon d'Inde » domestique. Le Hamster doré, par contre, a été décrit par Waterhouse en 1839, d'après un seul exemplaire originaire de la région d’Alep. En 1930, Aharoni a ramené à l’Université hébraïque de Jérusalem une femelle et ses petits, capturés également en Syrie. Les dizaines de millions de Hamsters dorés qui vivent actuellement à travers le Globe sont des descendants des douze bébés de ce spécimen unique. La Souris, quant à elle, remonte à la Préhistoire. Dès l’âge néolithique, on la trouve en Europe. Animal sacré et objet d'adoration divine, elle acquiert ses titres de noblesse en Egypte. Le Rat est connu dès la plus haute Antiquité, en Orient : la Bible mentionne que les Philistins subirent une invasion de rats. Quant à la Grèce, elle attribua à ces animaux des qualités divinatoires : prévoyant la venue d'un tremblement de terre, et conscients du cataclysme, ils quittaient les maisons avant que celles-ci ne s'écroulassent. Sur leurs vaisseaux, les Croisés ramenèrent de Terre Sainte d’innombrables richesses. Et le Rat noir (Rattus rattus), dissimulé dans les cales de ces bateaux, va déferler et se répandre en Europe où il portera la peste et créera tant de malheurs et de dégâts que l'Eglise lui fit de multiples procès. Le Rat blanc d’appartement est un albinos du Surmulot (Rattus norvegicus) communément connu sous le nom de « Rat d’égout » ou « Rat gris ». Ce rongeur, également originaire des steppes d’Asie, est d’importation beaucoup plus récente, en Europe, puisque c’est vers le début du XVI11“ siècle qu’il apparut, en Angleterre d'abord, puis en France et en Allemagne. Comme nous le raconte Francis Peter, « les albinos ont perdu en même temps que leur pigmentation, une grande partie de leur agressivité et de leur excitabilité naturelles, ce qui en fait un ”pet” intelligent et affectueux». Les Phéniciens, dix siècles avant J.-C., débarquant dans la Péninsule Ibérique, signalaient déjà les lapins qui ressemblaient, selon eux, aux « Damans » de leur pays. Au II* siècle de notre ère, le Romain Polybius les mentionne dans ses écrits : il s'agit toujours du lapin sauvage originaire du Sud de l’Espagne, de l’Afrique du Nord et de Nubie. Le lapin des champs, encore dénommé « conin », fut appelé Lapin nain car il fut longtemps parqué par les Romains dans des véritables réserves interdites à la chasse, dans des «jardins de lapins » ou garennes. Partout où il fut introduit par l’Homme, sa fécondité étonnante facilita sa pullulation : au bout de six mois, un seul couple peut, à raison de cinq à six portées par an, de , chacune six lapereaux, donner naissance à près de 200 sujets !... La domesticité a donné naissance à une multitude de races différentes depuis le «Géant des Flandres» jusqu'au «Petit Hermine », depuis le « Rex » à poils ras sans jarres, jusqu’à l'Angora , et au Chinchilla, depuis les Blancs de Bouscat ou de Vendée jusqu’au Papillon et à l’Argenté de Champagne. Selon le Docteur Grizmek, la domesticité aurait du reste entraîné chez eux une diminution de 22% du volume du cerveau !...