La vie du cobaye

LE COBAYE

GÉNÉRALITÉS

Par sa douceur et sa gentillesse, le Cobaye est un animal de compagnie connu depuis fort longtemps puisque dès l’année 1555, on signale en France l’existence de ce petit mammifère rongeur originaire des Andes. Il eut à cette époque son heure de célébrité mais retomba vite dans l’oubli. Comme la souris ou le hamster, il est sacrifié sur l’autel de la science et sert à la recherche médicale. Le langage familier s’est saisi de son nom pour en faire le synonyme de « sujet d’expérience ». Le Cobaye, ou « Cavia Porcellus », de son nom vulgaire : « cochon d'Inde », appartient à la famille des Cavidae, tribu des subongulés. En Allemagne, on l’appelle : « petit cochon de mer ». En Angleterre, « cochon de Guinée ».

DESCRIPTION

A l’âge adulte, le cobaye atteint la taille respectable de 0,23 m, lorsque le corps est en extension. Son poids varie de 700 à 800 grammes. Il est environ trois fois plus gros que le hamster. Dès trois mois, l’animal atteint l’âge adulte mais ce n'est que vers le huitième mois qu’il atteint son plein épanouissement. Son existence est de sept années environ. Le corps est trapu et recouvert d’une fourrure à poils longs ou courts, aux couleurs diverses, selon les races. La tête ovoïde se rattache au corps par un cou épais, renforçant ainsi l’aspect massif de la silhouette. Le museau est allongé, la lèvre fendue en partie. Les yeux, placés assez haut, sont vifs. Les oreilles, de peu d’épaisseur, sont courtes et assez larges. Par rapport au corps, les pattes sont très minces. Le nombre des ongles n’est pas le même : quatre pour les pattes de devant et seulement trois pour les pattes arrière. Ces pattes sont disproportionnées et empêchent le cobaye d’exceller à la course. L’ensemble du corps donne l’apparence de la robustesse, surtout la largeur du dos. Comportement : Le cobaye est un animal sociable, doux et timide, et un peu taquin. Souvent, à la campagne, il vit avec les lapins, et on lui donne pouvoir d'éloigner la maladie des clapiers. Il est vraiment inoffensif. Si on le prend, il se laisse paisiblement manipuler et pousse de petits cris aigus. Il s’apprivoise aisément et reconnaît parfaitement la personne qui le soigne car il est doué de mémoire. Il salue l’arrivée de cette personne avec un cri joyeux. Quand il se met en colère, c’est seulement sur le plan sexuel quand d’autres mâles rivalisent avec lui pour la possession d’une femelle. Il exprime sa colère et sa jalousie par un claquement de mâchoires. A l'inverse du hamster, il vit le jour et dort la nuit.

VARIÉTÉS

Il existe trois grandes variétés de cobayes et plusieurs gammes de coloris. A. — COBAYES A POILS RAS. Cette variété est la plus usuelle. On y distingue plusieurs catégories répertoriées selon le coloris : 1. Les unicolores : La robe est unie et comporte les tons : blanc-noir, rouge crème- gris. Les animaux blancs sont les plus répandus. Ils ont l’œil rouge. Les autres sujets ont l’œil noir. 2. Les bicolores : Le pelage est de deux teintes parmi les couleurs ornementales énumérées ci-dessus. Le blanc se marie avec le rouge, le crème, le gris ou le noir. Le noir s’unit au rouge, au crème, au gris, etc. Les taches comportent les combinations les plus variées. 3. Les tricolores : Cette variété combine trois coloris de base : — blanc - noir - crème ; — rouge - crème - noir, etc. Cobaye frisé 4. Les quadricolores : L’éventail des couleurs et la combinaison des taches sont encore plus variés. B. — COBAYES ANGORAS OU COBAYES A POILS LONGS. On les nomme encore Péruviens. La fourrure est longue, fine et soyeuse, très fournie. Les poils, qui tombent facilement, doivent être soigneusement entretenus, soignés, peignés. Là sélection a créé des variétés remarquables, aux teintes aussi diverses que dans la variété précédente. C. — LES COBAYES A ROSETTES. Les cobayes à rosettes ont un aspect massif et râblé, un museau long d’où les moustaches se relèvent. Le poil rude et dense, disposé en rosettes, présente les mêmes variétés que dans les catégories précédentes. La robe des plus beaux spécimens est unie. Une remarque : Le nombre des sujets hybrides est important étant donné les croisements de toutes sortes.

VARIÉTÉS OBTENUES PAR CROISEMENTS

L’agouti doré, à la fourrure d'un brun doré ; L'agouti argenté, au pelage blanc argent. Cette sélection a été obtenue dans la catégorie à poils ras.

COMMENT ACHETER UN COBAYE ?

Comme nous l’avons dit, le cobaye vit de préférence à la campagne, mais on peut fort bien l’élever en appartement. Il faut choisir un animal âgé de quatre à huit semaines. Il est alors assez grand pour quitter sa mère et encore assez jeune pour être domestiqué. Avant tout achat, il faut bien regarder la vivacité, la beauté de la robe, les dents. Pour la fourrure, elle doit répondre à des critères précis, selon chaque race.

LOGEMENT

Une fois l’acquisition faite, on songe au logement. On peut employer une simple caisse que l’on recouvre de grillage. Une parenthèse : qu’il s’agisse d’élevage en plein air ou d’élevage à l’intérieur, il faut préserver le cobaye des courants d’air et des variations atmosphériques. Quand l’élevage revêt une certaine importance, on construit des parcs constitués de panneaux de bois blanc articulés par des pitons. Ces parcs, qui auront une dimension de 1 m x 0,80, seront placés dans des bâtiments secs protégés des vents. Dans chaque parc, on aménage des abris où les animaux trouveront une protection contre les refroidissements nocturnes. Des caissettes munies d’ouvertures serviront aussi d’abris. Le sol est recouvert de paille propre et très sèche ou de sciure de bois qu’il convient de renouveler fréquemment. Dans une maison, il faut lui réserver la pièce la plus fraîche car il ne supporte pas une température supérieure à 20 °C. Cobaye.

ALIMENTATION

Le cobaye a bon appétit. Il absorbe journellement 200 grammes de nourriture. Mais c’est un grand gaspilleur. Il éparpille de-ci de-là graines et fourrages. Il convient de lui donner la nourriture en plusieurs fois. Trois repas par jour lui sont nécessaires — la mangeoire sera remplie en permanence. Cette nourriture variera selon les saisons, et comprendra : Des grains : De préférence germés. Pour provoquer la germination, on fait tremper les grains dans de l’eau tiède pendant 48 heures. On change trois fois cette eau. • L’avoine, qui est un excitant, sera donné avec prudence. • L’orge, le blé. Des légumes : — carottes fourragères ou rouges (aliment très nutritif dont la teneur en carotène contribue à l’équilibre) ; — betteraves fourragères ou sucrières ; — choux fourragers riches en vitamines A et C ; — épinards. Fourrages : Trèfle, luzerne, sainfoin, foin de prairie naturelle. Durant l’hiver, les fourrages secs constituent un apport alimentaire très appréciable. Verdure : Chiendent, pissenlit. Pour éviter toute irritation intestinale, il faut bien faire sécher les herbes. Fruits : Le cobaye est friand de fruits. Le cobaye est herbivore et rongeur. Il lui est nécessaire d'exercer ses dents sur des croûtons de pain rassis, par exemple. En hiver, quelques gouttes d’huile de foie de morue sont excellentes. Pour le cobaye d’appartement, la nourriture de base sera les granulés à base de vitamines et de céréales vendus dans le commerce. Une chose très importante : ne pas changer brusquement le régime alimentaire.

REPRODUCTION

Le cobaye, originaire du Brésil, se reproduit très bien sous nos climats. Dès l’âge de trois mois, il s’accouple. Son tempérament doux et craintif s’estompe alors et il devient un peu agressif. Pour Cobayes frisés. éviter les batailles, il faut mettre dans un parc un seul mâle avec deux femelles. La gestation dure approximativement soixante-trois jours. La femelle ne fait pas de nid, et cinq petits naissent, les yeux ouverts et avec une anatomie d’adulte. Annuellement, il y a de trois à quatre portées. La mère, qui n’a que deux mamelles, allaite les jeunes pendant une quinzaine de jours, puis, avec peu d’amour maternel, elle les chasse. Les laboratoires utilisent en grand nombre ces animaux si féconds. Il convient que l'éleveur sélectionne les reproducteurs car les centres d’expérimentation ont des critères très stricts. MALADIES Le cobaye est un animal très résistant, mais chez lui le mal est dur à diagnostiquer. C’est la raison pour laquelle, dans les grands élevages, on détruit les animaux malades afin de protéger les autres. I. — MALADIES DE L’APPAREIL LYMPHATIQUE. La streptococcie hémolytique : L'animal présente des ganglions lymphatiques hypertrophiés. La mort peut être très rapide. Certains cas chroniques se traduisent par un manque d’appétit, une fourrure 'ébouriffée, une gêne respiratoire, un écoulement nasal, des yeux purulents et un amaigrissement alarmant. Certains cas analogues peuvent être provoqués par des infections à pasteurelle (pseudo-tuberculose) ou par des bactéries diverses. Le vétérinaire donnera des antibiotiques. II. — MALADIES DE PEAU. Alopécie : Ces pertes de poils peuvent être plus ou moins symétriques. On donnera du foin, du chou et de l’hydrosol polyvitaminé. Teigne : On observe des dépilations circulaires qui ont tendance à se généraliser. Un traitement énergique à la Grisefulvine sera instauré. Abcès des pattes : Dus à des bacilles pyogènes. Tamponner au mercurochrome. III. — LES COBAYES ENCEINTES. Certaines femelles en gestation peuvent mourir de toxémie en moins de vingt-quatre heures. Penser au calcium. Il faut donner des aliments frais. IV. — APPAREIL DIGESTIF. 1. Difficulté à mâcher, ou l’animal bave en mangeant. Il faut veiller à ce que les molaires ne soient pas trop longues. Il faut donner du foin et du fluor. 2. Coccidiose : Diarrhée pouvant entraîner la mort. Peut marquer une infestation de vers Paraspidodera. Carences : 1. Amaigrissement avec fourrure sèche et terne, salivation ; il y a parfois un peu d’arthrite. L'adjonction de vitamine C dans la boisson : 2,100 mg par jour, est nécessaire. Donner du chou, du citron, du jus d’orange. CA 2. Cachexie due à un déséquilibre du rapport ; il faut P donner un peu de calcium et de magnésium.